Les touareg sont un peuple nomade du Sahara vivant principalement dans la portion montagneuse centrale et l’ouest du désert.

Les origines du nom « touareg » sont inconnues. Pour plusieurs, il tiendrait d’un mot arabe signifiant « abandonné ». Pour d’autres, il serait d’origine libyenne, découlant du mot « targa » (rigole ou vallée). Chose certaine, c’est lors de la colonisation que les français l’ont popularisé. Ainsi, « touareg » est devenu le pluriel du mot « targui » (« taguia » au féminin et « twareg » au pluriel). Aujourd’hui le mot s’est francisé et beaucoup diront « une femme touarègue », « un touareg », etc. Les touareg préfèrent, pour leur part, se désigner en utilisant les mots « Imuhagh » et « imajaghan », signifiant libre et noble, tandis que les autres utilisent les mots « kel Tamajaq » (les gens de Tamajac).

Le territoire qu’ils occupent impressionne : il traverse le désert du Sahara en s’étalant du Maghreb à l’Afrique noire, en passant par le Burkina, le Mali, le Niger, la Libye et l’Algérie. On retrouve également quelques communautés au Tchad et au Nigeria. Les touareg sont généralement d’origine berbère ou de descendance libyenne. Suite à la décolonisation des pays africains, ces groupes de nomades sont graduellement devenus sédentaires en s’établissant à proximité de leurs pâturages et parfois même à s’impliquer à court et long terme à la prospection minière et pétrolière.

Ils étaient autrefois divisés en cinq classes distinctes : les imouhagh/imajighen ou nobles, les Ineslmen ou marabouts (religieux), les Imghad ou vassaux, les inadhan ou artisans et les akli ou serviteurs. Les nobles étaient considérés comme étant les plus purs et étaient autrefois chargés des pillages et des guerres. Les marabouts, tenant le rôle de juges ou d’enseignants, étaient instruits en religion islamique et lettrés en langue arabe. Les imghad étaient pour leur part libres mais tributaires et vassaux des nobles. Ils leur versaient autrefois des redevances, phénomène aujourd’hui aboli. Enfin, les artisans et les serviteurs appartenaient aux classes les plus basses. Ce système de classes tend toutefois à disparaître complètement, contrairement à l’identité touarègue.

Issus d’une société diversifiée à l’extrême, les touaregs n’ont pas de modèle défini. Ils se composent tant d’individus à la peau noire qu’au teint clair et leur mission est avant tout de suivre ce que la société leur impose, selon leur classe sociale, leur sexe, leur âge. Ainsi, si la noblesse à le droit de se comporter avec désinvolture, le religieux doit faire preuve de retenue et ainsi se suite. Sans quoi, les conséquences sont lourdes pour le targui : dérision, critique, voire même exclusion. Ce sont leurs coutumes et leur organisation qui les distingue principalement. Si les hommes portent un voile de tête que l’on appelle taguelmoust, les femmes, elles, sortent à visage découvert. Il va sans dire que le taguelmoust sert principalement à protéger le visage du sable du désert, mais peut parfois aussi s’avérer un symbole de dissimulation et de pudeur, car il est considéré comme étant honteux de se dévoiler en public. Les touareg sont monogames et leur filiation s’établit selon la classe sociale de la mère.

On dénombre quelques dénominateurs communs entre les tribus. C’est le cas de l’ancêtre principal qui serait à l’origine de la fondation de la tribu et de la chefferie. Cet ancêtre est connu sous divers noms, dont le plus courant se nomme Ti-Hinan, une femme. Cette dernière aurait été reine et demeure à ce jour des plus mythiques. Outre cet ancêtre commun, ils sont tous berbérophones et la langue est l’un des points capitaux de leur culture.

Les touareg ont donc un mode de vie riche et étoffé ponctué de coutumes et de valeurs singulières et très anciennes, tout en contraste avec le reste de l’Afrique.