Le statut de la femme reste discutable dans plusieurs communautés musulmanes.

Or, chez les touareg, elles jouissent d’un rôle d’une grande importance dans l’organisation sociale. N’ont-elles pas toutes le même ancêtre, la reine Tin-Hinan, après tout ?

On doit le statut exceptionnel de la femme targuie à une organisation qui s’est perpétrée au fil des générations. Cette dernière, nommée « ettebel » (tambour sur caisse hémisphérique et symbole du commandement) désignait aussi le droit à la chefferie et la confédération politique. Ainsi, chacun de ces « ettebel » comptait des groupes issus du même ancêtre féminin, d’où le statut fort appréciable de la femme aujourd’hui.

Les touareg vivent donc dans une société matriarcale, c’est-à-dire un système dans lequel les femmes dominent les hommes. Ainsi, la filiation est perpétrée par les femmes et leurs enfants appartiennent à leur classe sociale, mais aussi à la tribu.

Lors de son mariage, la femme reçoit une dot, c’est-à-dire une compensation matrimoniale, des biens, donnés par les parents, qu’elle reçoit en se mariant. Cette dot, que l’on nomme taggalt, doit habituellement être plus élevée que celle que la mère a reçue lors de son propre mariage. Sa valeur sera aussi déterminée selon le statut social de la fiancée, mais peut aussi être influencée par ses qualités personnelles. Après quoi, la nouvelle mariée utilise ses biens comme bons lui semble.

La monogamie est par ailleurs très importante. Si l’homme rejette sa femme, peu importe les raisons, il serait très mal vu socialement. Autre point important, chacun gère ses propres biens dans le couple. De plus, dans plusieurs tribus, les biens matériels et la tente appartiennent à la femme. Si elle devient veuve ou qu’elle se divorce, ses biens continuent d’être les siens. En revanche, la tente est la propriété de l’homme chez les nobles.

Longtemps, les femmes ont été responsables de la culture et de la transmission des traditions et du savoir aux générations futures. Cependant, la colonisation est venue déséquilibrer la situation qui en fut quelque peu remise en question. Malgré cela dit, la femme conserve son rôle, toujours considérée d’une importance capitale dans la société.

Outre l’accès à la propriété, la liberté d’expression, la liberté d’être et de choisir son partenaire, la femme est à l’abri des sévices corporels. La violence envers les femmes est en effet le plus grand sacrilège dans la société targuie. Les atteintes à son intégrité physique ou morale ne sont pas tolérées et sont même ardemment réprouvées.

Oui, la femme jouit véritablement d’un statut privilégié qui devrait être observé de près par plusieurs. La modernité pousse cependant ces femmes à revoir leur mode éducationnel et leurs activités quotidiennes. Par exemple, l’artisanat, qui fut longtemps un simple passe-temps. Aujourd’hui, plusieurs femmes touarègues s’adonnent à l’artisanat pour des raisons économiques d’abord et avant tout. Cela aura certes un impact sur leurs vies, mais elles conserveront assurément encore longtemps ce statut impressionnant qu’on leur voue.