Tout comme le reste des peuples africains, l’histoire des touareg fut profondément marquée par l’arrivée des Européens.

C’est principalement la colonisation et tout ce qui l’englobe qui changeront le destin des touareg et forgeront cette société pour lui donner les allures qu’on lui connaît aujourd’hui. Mais leur histoire ne s’arrête pas à cette époque récente, bien au contraire.

Les touareg sont des descendants de tribus berbères localisées au sud du Maroc et refoulées dans le désert durant le XIe siècle. Entre les XIVe et XVIe siècles, leur population prit de l’expansion et s’étendit aux territoires qu’on leur connaît à ce jour. Longtemps, ils ont joui de pouvoirs économiques et politiques en Afrique Occidentale et au Sahara dus à un important système de commerce caravanier et les divers peuples du pays vivaient dans une certaine harmonie malgré le désir de conquérir physiquement et économiquement le territoire.

C’est lors de l’arrivée des Européens que leur destin changea. La politique implantée par le colonialisme fut déterminante dans la dégradation de la société targuie, mais aussi dans les relations interethniques. Leur territoire s’en retrouva morcelé et limité dans des conditions absurdes, bien souvent déterminées par les officiers de l’administration coloniale. Devenus minoritaires dans une multitude de pays, les touareg perdirent leur influence et eurent de plus en plus de mal à se faire entendre. Marginalisés par les gouvernements, la frustration monta. Durant plusieurs années, les Touareg se rebellèrent contre la colonisation et la présence européenne ; ils empêchèrent des accords commerciaux, causant des conflits des plus sanglants particulièrement au Niger et au Mali.

Affligés par ce qu’ils considérèrent comme une discrimination ethnique, les touareg eurent l’impression que les gouvernements voulaient les anéantir complètement, créant ainsi un climat de contestation qui leur fera beaucoup de mal et qui les suivra longtemps.

À cette difficulté d’être reconnus, et donc à ces conflits politiques, se sont ajoutés dans les années 1970 et 1980 de nombreux épisodes de sécheresse, élément fatal à l’économie targuie telle qu’elle l’était. Si le bétail fut en grande partie décimé, les autorités politiques ont pour leur part complètement anéanti le peuple en détournant l’aide financière internationale octroyée, en empoisonnant l’eau de même que les denrées et en délocalisant les populations, menant ainsi à un phénomène d’exil ou de sédentarisation.

C’est enfin en 1990 que les touareg décideront de se rebeller pour de bon, rébellion attribuable à trois raisons bien spécifiques : le retour des réfugiés touaregs d’Algérie, dont plusieurs avaient l’intention de libérer le peuple du pouvoir centralisé observé au Mali et au Niger principalement ; la sécheresse, qui avait appauvri la population de façon inquiétante dans les années 1970 et qui avait causé un phénomène d’exode vers les pays voisins du Niger et du Mali et enfin, les compétences des jeunes touareg qui avaient appris comment manier les armes en Libye et qui encore là, voulaient libérer leur peuple du pouvoir central. C’est en s’organisant et en s’imposant que le peuple est parvenu à tenir bon, malgré la répression omniprésente.

Depuis ce temps cependant, le climat est à la rébellion et les touareg sont entre guerre et paix. Si longtemps fut considérée l’idée d’un territoire targui libre, répression et soutien international pratiquement inexistant seront presque venus à bout de ces idéaux, laissant un peuple fatigué et surtout amer, mais qui compte heureusement ne jamais baisser les bras.