targui faisant du thé

La culture targuie est composée de quelques éléments simples qui régissent pourtant un code de vie respecté vigoureusement par la communauté.

Tout comme le reste des peuples africains, l’histoire des touareg fut profondément marquée par l’arrivée des Européens.

C’est principalement la colonisation et tout ce qui l’englobe qui changeront le destin des touareg et forgeront cette société pour lui donner les allures qu’on lui connaît aujourd’hui. Mais leur histoire ne s’arrête pas à cette époque récente, bien au contraire.

Ainsi, musique, parole et poésie s’amalgament pour créer un tout unique et profond, à l’image du peuple. Il faut d’abord savoir que la communauté targuie ne dispose pas de code écrit. Tout repose donc sur l’achak, qui dessine les règles sociales qui doivent être observées par chacun pour assurer la stabilité de la communauté, et ce, malgré un cadre de vie trop souvent inhospitalier. De la sorte, les valeurs fondamentales de la communauté sont épousées : respect des aînés, solidarité, réserve, courage, protection de l’enfant et de la femme. De l’achak est issue, en somme, la capacité de passer outre les difficultés de la vie courante, soit la maladie, la faim, le chagrin, voire même le désespoir.

Pour accompagner l’achak, la musique. Mais pas n’importe laquelle : celle conduite par l’imzad, une sorte de violon monocorde. L’imzad matérialise et donne tout son sens à l’achak et une violation des règles de ce dernier conduit forcément à l’irrespect de l’imzad. Comme il rime avec honneur, il se doit d’être entendu et apprécié par tout homme targui qui se respecte. Sans quoi, c’est le déshonneur aux yeux de sa famille, mais aussi aux yeux de tous les touareg.

Contes et poésie ponctuent également la culture targuie. Leurs thèmes intemporels ressemblent fortement à nos contes habituels. On y aborde l’amour, la mort, la nature, les animaux et on retrouve même des contes pour rire ou pour donner une leçon de vie. La femme dispose d’une énorme place dans la vie targuie. La poésie est, pour sa part, composée par l’homme et est abordée durant un évènement spécifique, l’Ähâl, qui consiste en une réunion où les jeunes hommes ont pour mission de séduire les jeunes femmes. On y aborde des sujets variés, le plus souvent tournants autour des sentiments (peine, solitude, amour, etc.), de la guerre, de faits divers et d’actualités.

Pour la culture matérielle, ce sont les artisans qui sont les grands responsables de l’entretien, de la création et de la conservation du patrimoine. Ces derniers créent l’ensemble des objets utilisés dans la vie quotidienne, mais aussi quelques items qui sont aujourd’hui reconnus internationalement. C’est le cas des bijoux en argent (croix d’Agadez, reconnue partout au monde) et d’objets de bois, entre autres.

On note aussi un élément culturel caractéristique, la Tânghalt. Ce mot, qui signifie « pénombre » est en fait la parole voilée. Il s’agit du mode de communication des nobles lorsqu’ils discutent entre eux. La Tângalt consiste en la parole dissimulée qui se laisse deviner.

Enfin, l’une des activités favorites des touareg est la dégustation du thé, qui semble étendue sur l’ensemble de la communauté. Toutes les occasions sont bonnes pour déguster le thé tout en discutant. Selon la tradition, on prend trois thés : le premier doit être fort comme la vie, le second bon comme l’amour et le troisième, doux comme la mort.

Voilà donc une culture vivante et profonde, respectant scrupuleusement des traditions maintes fois centenaires, un respect de toute évidence très important chez les touareg.